Découvrez le meilleur voyage en France – Retraité près de Caen, le boulanger Jean-Paul Batard a exporté la baguette en Angleterre

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Dans les années 1980 alors boulanger au Havre, Jean-Paul Batard aujourd’hui retraité près de Caen (Calvados) a été le premier boulanger français à cuire du pain en Angleterre.

Jean-Paul Batard est aujourd'hui à la retraite à Hermanville-sur-Mer.
Jean-Paul Batard est aujourd’hui à la retraite à Hermanville-sur-Mer. (© Liberté le Bonhomme Libre)

Boulanger-pâtissier-confiseur de son état à Bléville dans le quartier du Havre (Seine-Maritime), Jean-Paul Batard a eu toujours des idées à revendre. Aujourd’hui retraité près de Caen (Calvados), il raconte ses aventures.

Faire manger du pain frais artisanal aux anglais

Au mitan des années 1980, en plus de gérer plusieurs boulangeries-pâtisseries, à 40 ans, Jean-Paul Batard de vendre nos délicieuses et inimitables baguettes à nos voisins d’Outre-Manche. «À cette époque, les Anglais achetaient du pain de fabrication industrielle au sein des grandes surfaces, avant de repartir chez eux. »Il est persuadé que le créneau, encore inemployé, est très porteur. L’idée de faire manger du pain frais artisanal aux anglais germe dans la tête du boulanger français pendant plus trois ans. Persévérant et déterminé, il rencontre les dirigeants de la chaîne hôtelière Holiday Inn à Portsmouth (sur la côte sud de l’Angleterre). Son idée agréable et il fait affaire.

Petit-déjeuner à la française

C’est ainsi que le boulanger français prend le ferry pour rejoindre l’Angleterre avec sa petite glacière rose remplie de pâte congelée pour faire des croissants, pains au chocolat, brioches, et des petits pains de table. «Tout pour faire un petit-déjeuner à la française», ajoute Jean-Paul avec un grand sourire… Après 7 h de traversée, en soirée, il se retrouve seul en cuisine pour préparer ses variétés de viennoiseries sur plaques. Après quelques heures de sommeil, le boulanger se relève à 5 h du matin pour présenter un buffet français digne de ce nom pour 9 h devant les membres de la direction.

80000 pièces commandées

Les Anglais sont enthousiastes et lui commandent 80 000 pièces pour leurs quinze hôtels.

J’avais 15 jours pour le faire, mais il fallait que j’achète des chambres de pousse et des fours cuisson. Cet investissement était lourd, et je n’ai pas donné suite.

Alors que le Havrais abandonne le projet, un article paraît pour raconter l’anecdote dans les colonnes anglaises.

Viennoiseries sur les ferrys

Chanceux, le boulanger havrais retombe sur ses pieds. La presse française reprend l’histoire, et les ferrys anglais P & O l’appellent pour lui demander de leur fournir, pendant cinq ans, des viennoiseries et pains. «À chaque escale, j’allais les livrer. »

Huit ans sur les marchés dans les îles britanniques et irlandaises

Mais la saga avec nos voisins anglais ne s’arrête pas là. Jean-Paul ne supporte pas la routine. Ses boutiques installées au Havre «tournaient toutes seules avec du bon personnel. »Alors, il repart en Angleterre à bord d’un camion de 12 mètres de long« pour faire les marchés sur l’Angleterre, l’Irlande, l’Écosse avec d’autres artisans français. Nous vendions du pain et du fromage. »Et ça, 3 jours par semaine pendant 8 ans. «Je partais avec 10 tonnes de camelote dans mon camion. »

Aujourd’hui en camping-car

Aujourd’hui, à 76 ans, Jean-Paul et sa femme Lili, qui a toujours été présente pour faire tourner les boutiques en son absence, sont en retraite bien méritée. Ils ont acheté un mobil-home dans la commune d’Hermanville-sur-Mer, et un camping-car pour visiter la France tranquillement.